Clowns Sans Frontières – Sénégal 2018

Pays d'intervention

Sénégal

Contexte

Au Sénégal, la protection de l’enfance et la lutte contre la maltraitance des mineurs concernent deux axes particuliers : 1) les enfants vivant dans la rue, (50 000 d’après les dernières estimations du gouvernement en 2015) dans les zones urbaines, en particulier à Dakar, et les enfants talibés, issus des écoles coraniques, parfois victimes de traite ; 2) les conditions de détention des mineurs, qui ne répondent pas aux standards internationaux. Enfin, près du quart des mineurs de 5 à 14 ans est en situation de travail précoce, ce chiffre atteignant 28% à Dakar.

Par ailleurs, l’Education manque encore largement de ressources selon les observations du Programme de Développement des Nations Unies (PNUD) qui suit la mise en œuvre du « Plan Sénégal Emergent » depuis 2014. L’UNICEF rappelle également qu’en moyenne encore 1/5 enfant n’est pas déclaré à l’état civil à la naissance et ne bénéficie donc pas, entre autres droits civils, des mesures de protection juridiques et administratives dues aux mineurs. L’accès à l’école, à la justice et à la santé de ces « enfants fantômes » est limité. L’enregistrement des naissances est plus faible encore en zones rurales qu’en zones urbaines. Faute d’efforts suffisants de la part des pouvoirs publics afin de couvrir l’ensemble des communautés, la situation engendre de nombreuses dérives : ces enfants invisibles aux yeux de la loi sont difficiles à protéger face aux actes de négligence, maltraitance, exploitation, mariage et grossesse précoce, et ils se retrouvent parfois à la rue.

Clowns Sans Frontières © Thomas Louapre – Sénégal 2021

Synthèse

Clowns Sans Frontières a ouvert en 2018 un programme au Sénégal, visant à améliorer la prise en charge psychosociale des enfants en situation de privation de liberté et en situation de rue par le spectacle vivant.

L’intervention de 2018 a ainsi permis de proposer un spectacle hybride entre les arts du cirque et les arts urbains à des enfants talibés et en situation de rue de plusieurs régions du Sénégal. Elle a également posé les jalons de la future coopération avec les institutions et artistes sénégalais afin de poursuivre le travail avec les enfants en situation de rue ou de privation de liberté.

En 2019, l’équipe artistique est allée offrir un nouveau spectacle mêlant acrobaties, clown et musique, à 1 540 enfants vulnérables, dans les régions de Dakar, Kaolack, Fatick, Thiès et Louga. Ils ont également réalisé une journée d’ateliers destinés aux éducateurs de structures partenaires locales, afin de les sensibiliser à l’accompagnement des enfants grâce à des pratiques d’expression corporelle et artistique.

En 2021, Clowns Sans Frontières et son partenaire sénégalais SenCirk ont organisé leur troisième mission conjointe dans les régions de Thiès, Louga, Saint-Louis, Mboro, Rufisque, Dakar, Toubab Dialaw et Popenguine. Ce projet a permis de présenter un spectacle à plus de 2500 bénéficiaires dont une majorité d’enfants, mais également près de 300 hommes incarcérés. En outre, les deux partenaires ont pu présenter leur spectacle au sein de la Maison d’arrêt et de correction (MAC) de Thiès, comprenant un quartier pour mineurs, et, pour la première fois, auprès de l’unique établissement pénitentiaire du pays réservé aux mineurs, la MAC de Hann à Dakar.

Douze artistes de SenCirk ont participé à 4 ateliers d’initiation à l’art du clown et au jeu scénique, ainsi qu’à 1 atelier sur la gestion de projets culturels préparés par l’équipe. Enfin, 3 ateliers d’initiation à la pratique artistique ont été organisés pour 39 travailleurs sociaux.

Dans la continuité des actions menées depuis 2018, une équipe d’artistes retournera au Sénégal du 11 novembre au 2 décembre 2022. Pendant une semaine, les artistes français créeront un spectacle en collaboration avec les artistes sénégalais du collectif SenCirk. Une tournée de représentation du spectacle est ensuite prévue : en Casamance, en passant par la Gambie, pour rejoindre Thiès puis Dakar. Ils interviendront auprès d’enfants en situation de précarité, accompagnés par des associations locales, et d’enfants en situation de privation de liberté. 

« Nous avons assisté à un spectacle grandiose qui a attiré plus de spectateurs que prévu. Cela montre l’intérêt que les enfants accordent au spectacle vivant. Nous avons analysé un impact positif du spectacle sur les enfants du fait de la valorisation des enfants talibés qui sont victimes de stigmatisation. Ainsi, ces moments de partage avec le voisinage renforcent leur estime de soi et leur esprit de créativité. »

Makodé Diack, travailleur social, Keur Talibé Ndar

Depuis 2018 – 4 missions :

Formes d’intervention :

  • Spectacles et ateliers artistiques
  • Création commune avec des artistes locaux dans les zones urbaines défavorisées
  • Ateliers de formation technique pour les travailleurs sociaux et les artistes

Axes d’intervention :

  • Soutien psychosocial auprès des enfants les plus vulnérables
  • Interventions dans les lieux de privation de liberté
  • Renforcement de compétences des partenaires locaux

Publics :

  • Mineurs en situation de privation de liberté
  • Mineurs en situation de rue et dans les centres d’accueil
  • Travailleurs sociaux et personnel des partenaires opérationnels
  • Artistes sénégalais partenaires

Partenaires opérationnels : École de cirque Sencirk, Djarama, Samu social Sénégal, l’Empire des enfants, Plan International Sénégal, Ministère de la justice du Sénégal (direction de l’Éducation surveillée et de la Protection Sociale et Direction de l’Administration pénitentiaire), SOS Villages d’enfants, Maison des Cultures Urbaines de Dakar, Ker Thiossane, ENDA, Collectif Clowns d’ailleurs et d’ici, Rabec, Pour le sourire d’un enfant, Village Pilote

Partenaires financiers et institutionnels : Service de Coopération et d’Action Culturelle de l’Ambassade de France au Sénégal / Institut français du Sénégal, Fondation Pierre Bellon

« La construction du spectacle et la mise en scène étaient parfaitement adaptées au type de public que nous avions, c’est-à-dire des enfants qui ne parlent pas français et qui sont éloignés du monde de la culture et du spectacle vivant. Les alternances entre clowns et acrobaties ne laissent aucun répit aux enfants pour se distraire ailleurs, ils sont tous dedans ! Tous les enfants essayaient de reproduire certaines figures à la fin du spectacle et je suis sûr qu’ils s’en souviendront longtemps. »

Témoignage de Valentin Jeancourt-Galignani, encadrant à L’Empire des enfants de Ndayane, 2021

 

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En vidéo : les partenaires, artistes et associations, nous offrent leurs regards sur le rôle du rire et l’impact du travail de CSF au Sénégal

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